N° 5
décembre 2018
Sur le terrain
Sous la pelleteuse : l’espèce patrimoniale !
Deux chantiers importants, ayant eu lieu en forêt domaniale d’Olonne (85) ces dernières années, mettent en évidence des effets positifs que peuvent avoir des travaux dunaires qui font appel à du reprofilage léger.
Le premier chantier, au nord de la forêt sur le site de la Gachère consistait à la pose d’une couverture de branchage complétée par la pose en plan de filet en fibre de coco destiné à stabiliser un versant de dune reprofilée pour les besoins de modernisation d’une écluse susceptible de limiter les risques d’inondation.
Le second chantier a eu lieu suite à l’enlèvement d’un bunker déstabilisé par l’érosion marine sur le site de Grand Pointe : il s’agissait de reprofiler la dune et de recréer l’accès à la plage.

Dans le premier cas, il a fallu transplanter des pieds de renouée maritime (Polygonum maritimum) et mettre en place un suivi important à la demande de la CSRPN. Sur le second chantier c’est du Diotis maritime (Achillea maritima) qui a été transplanté à proximité, là encore sur recommandations du CSRPN.
Sur les deux sites, on constate :

1. Une reprise viable des taxons

sur le lieu de collecte originelle, due à la présence dans le sol de graines ou bien de fragments racinaires laissés en place au moment de la transplantation. Des relevés GPS et photographiques confirment que la reprise a lieu à l’endroit précis de la collecte.

2. La bonne santé des pieds transplantés

et même leur capacité à se bouturer facilement. Dans le cas du Diotis, les fragments de racines brisées et un morceau du pied mère brisé lors de la transplantation ont été positionnés à l’écart du pied d’origine et sont actuellement en bon été sanitaire (couleur, vigueur, souplesse) plusieurs mois après la transplantation, ceci malgré un été particulièrement pauvre en précipitation sur la zone en question.

3. En plus des espèces ciblés par les mesures de sauvegarde,

l’apparition d’autres espèces patrimoniales rares après que le sable ait été remis à vif et brassé. L’Euphorbe peplis (Euphorbia peplis) dans le cas de Grand Pointe et dans le second cas (en plus de la multiplication importante des pieds de Renouée maritime) on a vu apparaître de nombreux pieds d’Euphorbe peplis, de Diotis maritime et de Luzerne marine (Medicago marina).
Ainsi, même si il ne faut pas faire une règle de deux exemples isolés, on peut légitimement s’interroger sur le type de mesures obligatoires à mettre en œuvre pour accompagner des travaux sur dune mobile qui, au moins dans ces deux exemples sont incontestablement bons pour les espèces ciblées. Ces espèces pionnières semblent en réalité prospérer à la faveur des remaniements de sable, et l’habitat dune blanche y trouve une nouvelle occasion de s’y exprimer. Enfin, l’expérience nous apporte un retour d’expérience satisfaisant sur les techniques de transplantation et leurs chances de réussite.

Photo Loïc GOUGUET - Achillea maritima


Valentin METEREAU Chef de projet environnement littoral

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