N° 4
Mars 2018
Etudes et techniques
1-Mare d'arrière dune non boisée

2-Utilisation de drone

1- Création d'une mare d’arrière dune localisée sur le cordon littoral domanial non boisé


L’objectif : permettre à la faune & la flore spécifiques des milieux humides d'arrière dune de prospérer (ex : Batraciens dont surtout Pélobate cultripède / Odonates / Phragmites...) et sans doute de dynamiser la chaîne alimentaire sur la dune grise (ex : batraciens, reptiles dont Lézard ocellé/ Circaète ...). Aussi, les passereaux et autres migrateurs pourraient profiter du site…

Le choix du site : zone en dune grise, avec topographie en cuvette prononcée et présence de plantes indiquant l’humidité (fougères, saules, phragmites), et terre noirâtre. De plus présence d’une résurgence d’eau douce sur paléosols au droit du site sur la plage. Cependant la profondeur à creuser est délicate à connaître et peu connue car peu ou pas d'expérience en dune (seules des mares en forêt ont été réalisées à ce jour dans le secteur). Également, le site présente une dynamique de dune blanche assez stable (végétalisation en immortelle sur le versant «est» et végétalisation en oyat du plateau).

Travaux préconisés : creusement d'une mare à la pelle mécanique. Forme ronde semblable aux lagunes intérieures. Pentes douces 20%. Obligation pour l’entreprise d’atteindre le paléosol pour s’assurer d’une alimentation de la mare y compris l’été.

Bilan des travaux :
- Le paléosol a été atteint à 2.5m de profondeur (nous pensions avoir l’eau avant, vu la terre noirâtre présente…) : il s’agit à priori d’argile verte du Gurp (à confirmer). Pour respecter des pentes douces, et le temps imparti aux travaux, le dimensionnement de la pièce d’eau a été réalisé à 12m de diamètre. La profondeur moyenne en eau estimée par sondage au godet de la pelle est 30 cm et 50cm au maximum (centre).
- Un suivi de colonisation par la faune et la flore sera réalisé.
- Un suivi des pentes, des périodes en eau ou à sec sera réalisé. Une reprise des pentes ou un curage complémentaire pourra être réalisé si cela était nécessaire.

Proposition de méthode : (Le problème est la méconnaissance de la profondeur d’eau)
- Positionnement du centre de la mare
- Sondage à la pelle mécanique de la profondeur d’eau
- Dimensionnement de la pièce d’eau au % de pente souhaité (20% testé ici)
- Conserver une forme « naturelle » ronde type lagunes du plateau landais
- Sinon faire passer un « sourcier » !

Suivi mare et observations :
Colonisation de la mare immédiatement en suivant
(1000 têtards à déterminer – suspicion crapaud calamite).
Mai 2016 : 1 Lézard ocellé.
Mai 2016 : 1 Lapin proximité immédiate / 1 Grand gravelot en alimentation dans la mare / larves de libellules à déterminer / 1 Pie grièche écorcheur mâle chanteur / 1 Hypolaïs polyglotte mâle chanteur buisson bord mare / 2 tourterelles des bois.
Aout 2017 : le niveau d’eau de la mare est très bas mais subsiste de l’eau même suite à l’épisode de sècheresse intense. Nombreux têtards et larves de libellules.

David ROBERT

2-Utilisation de drone


Sur la côte Atlantique, l’ONF est gestionnaire de très vastes massifs dunaires domaniaux et surveille l’érosion éolienne et plus généralement les dégradations remarquables de ces milieux sensibles.
Tous les 5 ans, l’ONF réalise un inventaire exhaustif de l’état de ces dunes afin d’évaluer la pertinence des travaux de gestion engagés. C’est dans ce cadre que l’ONF et le BRGM collaborent pour estimer l’intérêt des données de photogrammétrie acquises par drones pour l’évaluation de l’érosion éolienne et de l’état des dunes domaniales.
Nous pensons que le drone de par la précision des données qu’il permet de lever et la relative facilité des acquisition peut-être un outil précieux dans la préparation des campagnes de terrain de qualification de l’état environnemental des dunes domaniales.
Si les données et leur traitement ne remplaceront jamais l’expertise humaine, les levés peuvent mettre en évidence des zones d’attention qui seront ensuite visitées finement par les techniciens forestiers territoriaux en charge des évaluations, permettant ainsi des visites de terrain exhaustives et optimisées.
La plage et les dunes domaniales de la Parée Grollier (Notre-Dame-de-Monts, Vendée) a été suivie en 2015 et 2016 par 2 levés photogrammétriques par drone dans le cadre de travaux méthodologiques du BRGM. Le front dunaire de la dune apparait affecté par une dégradation importante liée à une forte fréquentation et un cheminement non canalisé sur les sentiers balisés. La dune blanche est donc globalement sujette à une érosion éolienne préférentielle sur les zones dévégétalisées.
La plage de la Parée Grollier est donc un site-atelier adapté aux besoins du projet d’Evaluation des PHénomènes d’Erosion éolienne par utilisation de DRone sur les dunes du littoral Atlantique (EPHEDRA) mené conjointement par l’ONF et le BRGM. Ce projet initié par un appel à projet de la Direction Générale de l’ONF a débuté il y a quelques mois.
Les tests méthodologiques réalisés sur les données photogrammétriques ont permis de cartographier finement les zones dévégétalisées entre le pied de dune et la zone boisée. La très grande résolution des données favorise la détection de très petites surfaces soumises à l’érosion éolienne au sein des morphologies complexes de la dune.

Le couplage des analyses d’orthophotographie et de MNS (ou directement des données des nuages de points) offre des perspectives nouvelles pour identifier précisément et comprendre la nature des modifications de couverture végétale et de morphologie dans les zones évolutives.
En juin, d’autres vols sont prévus sur les dunes domaniales de la forêt de la Coubre en Charente-Maritime afin de collecter d’autres données.
Notez que le projet EPHEDRA sera présenté au colloque Génie Civil génie Côtier colloque organisé par la revue Paralia et le laboratoire LIttoral ENvironnement et Sociétés LIENS à la Rochelle les 29, 30 et 31 mai 2018.
Valentin METEREAU

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