N° 4
Mars 2018
Editorial
Lorsque le vent s'en mêle...
Du point de vue érosion marine, l'hiver qui se termine a été relativement clément, car les tempêtes se sont produites fort heureusement majoritairement lors de périodes de petits coefficients de marées au moment du passage des dépressions. L’érosion marine n’a donc été que relativement limitée, d’autant que les plages s’étaient assez bien engraissées. Les reculs ont été partiellement limités, cependant la succession des tempêtes a réduit la hauteur des plages, premier amortisseur des houles destructrices.
L’érosion éolienne quant à elle, du fait de la violence des vents, a été particulièrement active, et a entaillé de nombreux cordons. Les transferts de sable vers les dunes grises et les dunes boisées ont été importants. La végétation fixatrice de la dune blanche a été ensevelie par endroit sous plus d’un mètre de sable, et les travaux de modération des envols de sable sont indispensables.

Ces épisodes venteux prouvent, si besoin en est, qu’une vigilance permanente est à exercer et qu’un entretien constant est la garantie d’interventions ciblées avant que des désordres plus importants nécessitent des moyens plus conséquents.
Si les travaux de contrôle de l'érosion éolienne sont menés traditionnellement, les innovations techniques sont permanentes, et en matière de préservation de la biodiversité, les initiatives sont nombreuses, que ce soit en matière de connaissance, ou d'entretien de milieux:

- En Réserve biologique de la Côte d'Opale, depuis 1996, l’entretien de milieux ouverts a fait l’objet de nombreuses expérimentations, et 20 ans de gestion ont permis de définir les meilleures modalités d’action en fonction des milieux et des moyens engagés (article F.Veillé),

- Les vignes redécouvertes sur les dunes du littoral Centre Atlantique apportent une dimension patrimoniale nouvelle aux espaces dunaires (article D.Fallour-Rubio),

- Des matériels sont testés pour l’entretien des prairies Merlimont (article F.Veillé), et pour faciliter la mise en place des actions et diminuer la pénibilité des travaux (article V.Métereau),

Le souci de maintenir des habitats patrimoniaux, voire d’en recréer, se traduit aussi par des actions très concrètes :

- création d'une mare d'arrière-dune, non boisée (article D.Robert),

- utilisation de drone, pour l’évaluation de l’état de conservation des habitats dunaires (article V.Métereau),

Ces facettes des différentes actions du gestionnaire de dune traduisent la richesse de ces milieux, les multiples enjeux en présence et les efforts des hommes pour protéger ces espaces dunaires.

Loïc GOUGUET – Martine BLONDIN

© ONF, tous droits réservés - 15 boulevard Léon Bureau - CS 16237 - 44262 NANTES Cedex 2 - Tél. : 02 40 71 25 17 – Mail : loic.gouguet@onf.fr