N° 1
Juillet 2013
Etudes et techniques
Reprofilage de la dune des Salins à Saint-Hilaire-de-Riez
La dune des Salins à Saint-Hilaire-de-Riez est constituée d’un cordon de 40 à 50 ml de largeur d’une hauteur de 10 à 15 ml au dessus du haut de plage avec des pentes pouvant atteindre 50 à 64 % sur le versant Ouest, entrecoupé de deux larges siffle vent. Dans cette zone des Salins a été établie, il y a plusieurs décennies, une station d’épuration située en dune grise, dans une zone basse, en arrière du cordon dunaire. Un parking avait également été créé sur le site dans les années 80, afin d’enrayer une diffusion des véhicules sur la dune grise.
Par ailleurs les dunes sont sillonnées d’un enchevêtrement de sentiers utilisés par des piétons particulièrement abondants autour de ces plages où la pratique du naturisme est tolérée. En 2008 et 2009, des travaux de protection des siffles vent importants et canalisation des cheminements avaient été mis en œuvre mais avec une efficacité limitée.

A la suite de la tempête Xynthia du 28 février 2010, une érosion marine conséquente des dunes de Saint-Hilaire-de-Riez est constatée. Le recul de la bande côtière s’accompagne de l’apparition de falaises d’érosions sur le versant ouest des dunes, et de forts mouvements de sable vers l’est. Ces falaises, dans le courant de l’été suivant, prennent un nouveau profil d’équilibre avec apparition de corniches en surplomb qui tendent à s’affaisser.

En 2010, après concertation avec les services de la DDTM et de la commune, conscients de la fragilité de cette dune étroite et relativement haute et fragilisée par d’importants siffle vent et des enjeux importants liés à la protection de la station d’épuration contre les ensablements, il est décidé de procéder à un écrêtage et reprofilage de la dune des Salins, puis à la fixation du sable en favorisant la végétalisation. L’opération consistera à procéder à un écrêtage avec transfert vers l’arrière des volumes de sable, dans les secteurs où en versant ouest, la dune présente une pente de l’ordre de 30 %. Dans les zones où la pente est supérieure à 35 ou 40 %, souvent sur les dunes les plus hautes, la hauteur de la dune est abaissée et le sable transféré sur l’arrière, dans les zones de siffle vent ou de façon à régulariser le profil en long du cordon dunaire.
L’objectif est bien de tendre à profiler un cordon avec une pente ouest d’environ 30%, aussi régulière que possible de façon à maintenir le maximum du stock de sable et diminuer les impacts de l’érosion marine, tout en permettant à la dune de « rouler » lentement vers l’est.
Un levé des différents profils est effectué en septembre 2010 au clisimètre sur une longueur d’environ 800 ml. Une consultation d’entreprises est lancée pour location d’une pelleteuse à chenille de 150 CH et d’un chargeur frontal de 250 CH.
Avant le début des travaux, une réunion d’information avec les élus, association locale de protection de la nature et la presse a permis de présenter le projet.
Le reprofilage s’est effectué en mars 2011. A la suite ont été rapidement entrepris les travaux de pose de couvertures en branches de cyprès. En haut de plage et pied de dune ont été plantées quelques lignes de chiendent des dunes, et de l’oyat a été planté sur le versant ouest. Des clôtures de guidage du public ont été mises en place (grillage à mouton dans les zones les plus sensibles et fils lisses ailleurs) et un sentier piétonnier du littoral a été matérialisé ; son tracé deviendra ultérieurement celui de la servitude de passage des piétons le long du littoral. Des panneaux expliquant les travaux engagés ont été disposés sur le long des clôtures.
Le nombre des accès à la plage a été notoirement réduit passant de 8 à 2.
Le coût global du chantier est d’environ 100 € / ml (financement MIG MAAF).

Suite aux sollicitations des services locaux ONF, la commune de Saint-Hilaire-de-Riez a pris en juin 2010 un arrêté municipal interdisant la pénétration à pied ou avec un véhicule dans les parties encloses des dunes littorales de l’Etat ou des personnes publiques, sur le territoire communal. Cette disposition réglementaire, affichée sur le terrain, permet de faire respecter les zones protégées.

Depuis 2010, il est procédé à un entretien régulier des couvertures et clôtures. Un accès plage a récemment encore été supprimé (début 2013) et la police municipale effectue des tournées de surveillance sur cette zone sensible. Une réflexion est entamée avec la commune pour envisager un transfert à moyen terme du parking de la plage des Salins, qui est actuellement installé en dune grise sur sol domanial, vers la forêt à proximité de la route départementale.

Pierre Courtot
Responsable départemental ONF pour la Vendée


L'Observatoire du Littoral des Pays de Monts : premiers enseignements.


L’observatoire du littoral mis en place par la Communauté de Communes du Pays de Monts (85) depuis 2010 livre ses premiers résultats. En plus de la progression du trait de côte, la typologie adoptée pour le suivi permet de mettre en avant la dynamique globale du contact plage-dune. La base de donnée de l’Observatoire intègre la localisation des clôtures, le trait de côte relevé annuellement, les espèces patrimoniales relevées au niveau du contact, la topographie de l’estran, sa granulométrie… autant de données qui constitueront au fil du temps un outil d’aide à la compréhension du fonctionnement de la dune.
Parmi les tendances observées, l’action combinée de travaux simples et d’une stabilisation, voire accrétion du trait de côte est encourageante.
A l’occasion du suivi du trait de côte, il a été largement mis en valeur que la limite entre végétation vivace et haut de plage est très influencée par la présence d’une clôture. Ceci démontre l’efficacité de la pose de fil lisse en pied de dune, lors des phases de répit d’érosion. A la suite de la tempête Xynthia (février 2010), au cours de laquelle la dune avait reculé de plus de 10 mètres par endroit, la pose de fil lisse a permis de protéger une banquette en cours de reconstitution sur plus de 7 mètres de profondeur.
Ce dispositif peu coûteux, visant à formaliser une limite entre la plage accessible au public et la dune, évite la dégradation de la banquette à Agropyron par l’effet du piétinement. L’effet des fils lisses est plus pédagogique que dissuasif. N’empêchant pas le passage des personnes, la « clôture » met en valeur la bordure de la banquette formée avant la période touristique, limite respectée par le plus grand nombre. C’est également un guide fort précieux sur les plages nettoyées mécaniquement : les chauffeurs des engins de ramassage ne peuvent physiquement pas aller au-delà de cette limite, qui protège alors végétation et laisses de haute mer, sources de vie.
La végétation se développe évidemment au-delà de la clôture mais la fréquentation entraîne souvent un certain recul. On pourrait penser qu’il serait souhaitable d’englober la totalité de la banquette mais dans certains cas, la largeur du haut de plage ne suffira pas à accueillir les serviettes de plage, encourageant le franchissement du fil. De plus, lors des grandes marées, les piquets risqueraient d’être déchaussés s’ils étaient implantés trop bas sur la plage. Le placement du fil est décisif. Il doit être un juste milieu entre le développement d’une largeur suffisante de banquette, hors d’atteinte de la mer et l’octroi d’une place suffisante pour les touristes.
juin 2013

Christophe Rollier
Chef de projet Dunes-Environnement



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